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La montée, la saison chaude,

le feu à même la bouche.

D’une autre vallée,

tressaillent sans un bruit

les paupières lourdes.

Sans forces s’étiolent

le corps et la chaleur.

Et ce n’est que l’été,

sans sommeil, terrible.

La vie ma maladie,

les blessures vivent.

Souviens-toi pourquoi,

des mots et des nuits,

tu refais le chemin.

Avance, n’y pense pas.

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Peu à opposer, imposer, supposons.

L’or des façades cloîtrés
où les faussaires boivent.

Le reflet des lumières plastiques
tapissé de vieilleries.

L’ardeur des bontés
qui nous aime en retour.

Le confinement majestueux
qui nous tient interdit.

La parole chagrine
sur le promontoire du rêve.

C’est quelque chose
pour moi-même
à expier sur cette table
dans le domaine lointain.

Éclosions du voyage

Formes temporelles les plus communes
des éclosions du voyage intriguant,
du vertigo des faibles veillées oisives,
de l’entrave par-delà l’ignorance des rangs.
La félicité aveuglant toujours à l’écart des déserts
et du passage de ceux qui crient des mécaniques douces
interrompues par la coutume.

Après le bruit calme de ce qui est sans cesse l’ailleurs,
malgré la distribution de l’oubli, une cité changeante exhume
la tourmente chaude et l’avalanche de sable
dans le sein lourd qui s’étrangle.

Voie violente au ciel les jours sont libre d’ombres,
ils se disloquent lentement,
à l’instant où le cortège de peu
n’a pu bouleverser les heures
et la lumière descend.

Célébration

Il s’éteint dans la quiétude indifférente
Les corps accomplis s’étreignent à ses côtés
Sur le vivant des chairs
Il satisfait au néant pour sonder les plaisirs
Et des multitudes meurtrissent l’astre de ses yeux

Célébration des lignés indolentes
Les poisons tranquilles des voluptés
Et les douces euphories amphisbènes
Ne lui sont mortelles qu’à ces heures

Il plonge une fois encore dans l’abîme
C’est l’extase sans cesse renouvelé
Des fièvres insensés
Et de la perte imminente

Onde

Pour atteindre l’onde la plus proche
Quelques sons que l’on ne croit pas
Qui se répondent d’assez loin

Et la note que j’entends
À l’instant à l’intérieur

Je la suspends à tout autre chose
D’un bond qui capte son angle aigu
Contre le front
Sur les rayons de la nuit

J’ai même tenté
Les lueurs dans le sillon
Le rythme qui se campe au croisement
La basse qui s’allume sans tremblement

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L’emprise en cent expirations
Habileté de l’innocence
Pour que les bêtes se taisent

Rythmer l’esprit
Qui tente de respirer
D’un vide flottant sans mots

Mesuré
Répété
Cadenassé

Cerveau dans le

Les pas…

toujours les pas
l’incertitude à mes tempes

Tu connais, non ?
– C’est très pointu… il paraît.

léger désappointement sur la gauche
un changement d’axe qui tourne court

– Je ne connais pas vraiment…
– Il y avait plus de monde l’autre soir.

effondrement de mes côtes
durcissement de mes nerfs
essoufflement de mes membres

les pas toujours

– Lille, mars 2017

Manifeste

Manifeste ta gueule ou autre chose
Rouge et rien sur la tête boule de nerfs
Noire tranche de l’ombre
Les tripes envahies de volutes concrètes

Dates importantes combien de fois
Libère les rues des cris pleins exulte
Ensemble et la circonvolution propice
La détermination habile en tête en bloc des pas

Presse ton poing l’arme d’une voix
Sur les pavés
Franchit une route dérisoire
Alentour de fracas de feu de bras

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Tout se brise
L’autre rive que je n’accoste
Les chemins efflanqués d’être introuvables
Impression renversée de mon œil

Un détour d’autre part ne se répète pas
Un écart où le tourment se met en page
Attaché à la clôture de l’intrigue
Mon illusion est durée

Dans une crevasse secondaire
Souches cerclées, résumé de vie
Je n’enfouis pas la langue
D’une trêve de distance rêvée

La volonté ouverte

La forme s’ouvre à l’attention
Légèreté vaincue imparfaitement
À nouveau un soleil minimal
Tourne sous l’ombre étouffée

Le ciel sur tout l’azur
Un dessin fixe fugace
Image lumière sans nous
Le temps foisonnant

Un cœur pour chaque jour à l’idéal incertain
Monte vers nos lignes d’horizon
Et sous la terre retenue
La volonté ouverte