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Tu m’avais dit que tu réapparaîtrais
mais tu ne t’es pas montrée

Tu ne m’avais pas laissé d’autre indice
que cette promesse dont je me suis fait un leurre

Je regrette cette absence
mais ne veux pas me désembrumer
bercé par ce flou qui apaise la distance

Illustration : Sifar

Illustration : Sifar

12H02

– Alors, je te l’épelle : “a” comme arbre, “i” comme… i…

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Déplacez les jours
presque sous la fenêtre,
débouchez la petite vie pâteuse.

Voulez-vous faire partie du festin ?

Remplissez la ville de personnes
en incapacité d’être stupide ;
une ville nue et son halo
écrasé de fumée de bois.

Dormez sans vous soucier
des rires sauvages,
des joies sauvages,
réveillez-vous et chantez sans attache.

Placez une main sur votre langue
une main sur l’autre bouche.

Organisez une douleur meurtrière
sur le dos de n’importe quel cri,
le long de votre souffle,
surement une aiguille.

C’est comme continuer
de faire fonctionner le langage
et cesser de faire siffler vos oreilles.

Plaisir curieux.

Vos voix nus tordus
enseignez-leur quelque chose de différent
comme un répertoire d’hymnes
qui ne possède pas de son
pour chaque rime.

Vous n’avez pas de mots
pour respirer au levé du soleil,
c’est le recul des corps
après avoir aimé
de cette manière vide.

Nourrissez au moins
un silence intangible
d’incroyable couture
drapé, en attendant
le petit déjeuner.

Mais qui possède
aucune certitude
vraiment ?

Imaginez les gens
n’importe quels mots
n’importe quels rêves.

Qui parle encore la langue
de vos sommeils bienveillants ?

Illustration : Sifar

Illustration : Sifar

Nous avons été de tous les combats

Le renouvellement d’un système
Pour satisfaire les classes dominantes
Pour satisfaire les riches
L’offensive capital-monopoliste

Par un agenda très chargé
Des mécanismes de gestion
Le coup de maître de l’homme providentiel
La nouvelle étape pour le capitalisme français

L’argent magique n’existe pas
Face au mépris
Frappons ensemble

Appeler à la convergence des luttes
Alerter sur la disparition des services publics
Se réapproprier la conscience de classe
La colère et les luttes sont là
Les revendications unificatrices

Cibler le capitalisme
Dans un élan unitaire
Ne faire confiance à aucun
Gouvernement bourgeois
La source des malheurs
Du peuple-travailleur

Les manœuvres trompeuses
Et la répression
Ne changent rien au rapport de force
En jouant la division
En espérant l’essoufflement
La criminalisation du mouvement
La casse généralisée
Renforce le réformisme

La dispersion
Des manœuvres d’évitement
Plus forte dans tous les esprits

Jusqu’au bout tout liquider
Décidons ensemble de gagner
Brisons les résistances
Des journées saute-mouton
Du grand soir électoral

C’est un succès
La grève rampante
Organise les plus grandes fortunes

Mais ça ne suffit pas
Du lundi au vendredi
La loi des patrons
Dynamite sans lendemain
La contestation globale de la base

Construction de la grève générale
À l’ordre du jour
L’agenda de nos luttes
Ne se décrète pas

Quel que soit le secteur
La grande détestation de l’homme
À seule fin de servir
L’état major général du capital
Vous ne serez pas les bienvenus

Notre propre réseau
Pour faire entendre
Cette marée de lutte
Dire de la poésie
Et du rock n roll

S’unir pour ne pas subir
Partager un espace
En devenir
Être visibles

Trêve de ressentiments
Condamné au point d’interrogation
Décrétons le salut commun

Oser dire non
Imposer le refus
Désamorcer la pédagogie

La spéculation au détriment des futurs
Socialement injustes
Le retrait liberticide
Signe d’animalité
C’est là que tout se joue !

Tous les travailleurs de France
À l’épreuve de la réalité
Collectivement
Pour aller où ?

Transmettre les occupations
Dans une relation humaine avec son sort
Le contrôle des idées
Et du pipeau

À leurs cotés
Peu à peu
Imputer le gréviste
Contre la restructuration
Contre la sélection

Circulation et installation
Parcours erratique
Des jours difficiles

Destruction dans les finances
Economiste multicarte
Stratégie low-cost
Qui se prolonge et qui s’étend

Action collective
Le pays s’en allait

Organiser pour convaincre les résistances
Un effort pour réussir à baisser
Le demandeur devant un écran
Fausse route de salon

Merci de venir
Que le fête recommence
Et c’est pas fini !


Source de l’échantillonnage : tracts des manifs de mai 2018

RFF 3

copliqué (complication coopérative)

gégérale (en général c’est ce qu’il fait)

fanastque (tellement fantasque)

légitimiter (reconnaitre un ersatz comme légitime malgré ses limites)

un petit goût d’anus (glissement gustatif d’une voyelle du végétal vers l’anal)

Côte d’émeraude

La brume se faufile et glisse des landes sauvages,
souffle pour faire danser la lune,
le temps est venu à travers le silence d’un autre temps.

La musique sous les doigts,
mur de rêves d’aucun instrument.

Fille de l’eau, elle se rend visible au bord de la mer,
des houles sonnent du monde surnaturel.
Un bourdonnement aérien,
écho d’une musique merveilleuse,
enfant d’une indicible harmonie.

La danse laisse vagabonder par le chemin creux
au branle de cuir rouge,
des sarabandes,
des pierres sonnantes.

La ronde des pétrifiés,
le sacrement attaché aux pierres levées.

Sirène d’argent la mer a survécu.

Vierges marines comme des présages à chevelure de varech
empruntant les rythmes d’une falaise.


Source de l’échantillonnage : mythes et légendes de Bretagne

Blériot plage

De quoi se souviennent mes pieds ? De la traversée des galets jusqu’à la Manche froide, piquante de sel, du mazout qui s’incruste dans le tégument, des coupures rouilles de munitions allemandes ensablées, du béton armé des blockhaus comme refuge au sable brûlant, de la plus grande brûlure d’un mégot encore incandescent laissé sur le sable, de l’entaille béante dans la voûte causée par un tesson dans les dunes.
De quoi se souvient mon corps ? Que reste-t-il après la douleur ?
Des heures infinis de liberté vilaines et fantasques.

18h15

– C’est CON une oie.

(Dit l’homme qui promène un chat en laisse)

Neige sur l’écran

mon écran ressemble à celui d’une télé qui ne capte pas les chaines correctement

il reste comme ça, brouillé indéfiniment si je ne redémarre pas

j’ai un peu trifouillé dans les configurations
j’ai vérifié que les câbles soient bien branchés à l’intérieur

mais rien

j’ai désactivé la synchronisation verticale
que se passe t-il ?

ça ressemble à ça :

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exactement pareil que les parasites qui ne captent pas parfaitement
l’écran siffle quand c’est crypté

je vais tester avec un autre écran et je vous tiens au courant
je ne vois aucune inscription sur le boitier
je vais prendre une photo histoire que vous voyez à quoi ça ressemble

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des taches de couleurs puis des traits horizontaux
plutôt comme de la neige, mais c’est aléatoire
les artefacts n’apparaissent pas sur les captures

je vous décris les symptômes

l’écran de neige alterne avec un écran noir
le son, lui, est présent
et dans cette hypothèse, ce n’est pas de chance…

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il faut vérifier ce qu’il raconte en matière de réception
les trois fréquences doivent toutes être dans le vert
pas à pas visualisez les valeurs

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la neige m’empêche d’aller plus loin
je suis un peu perplexe
je suis un peu inquiet
j’ai peur

je n’attendrai pas que quelque chose de plus grave arrive
j’ai eu un comportement un peu inquiétant hier
j’ai downclocké
j’ai rebooté
j’ai soufflé dans le slot

j’ai besoin de vos avis
c’est la première fois que je vois ce genre de choses

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il faut désactiver la fonction sync de votre amie
dans la vie c’est important de ne pas tout dire
sauf quand on a un problème technique


Source de l’échantillonnage : forums d’entraide informatique

MF 20

MAI 2018

CONVERGENCE DES LUTTES
DE LA RÉPUBLIQUE EN MARGE

UN TRAIN DE RÉFORMES DÉRAILLE

LA GRÈVE GÉNÉRALE A 50 ANS DE RETARD

DÉCAPITALISME !

hors de

nous donnerions nos nerfs
pour les sentir encore
mais cette inertie
qui s’infiltre en nous
petit homicide
est le secret blanc de nos jours

nous essayons de suivre
une traînée de poudre
comme si un tel chemin
pouvait faire long feu

nous essayons de nous égarer
loin quand cet air
stagne comme il le fait
sous notre nez
quand les amas noirs
nous tirent en arrière
dans des spirales de mémoires

les idées détruisent nos mains
les dialogues engourdissent nos jambes
doublement nos têtes
s’alourdissent

sauter casser saigner
hors de hors de
avec qui nous courons

———-

J’ai emporté un appareil photo,
je me suis assuré de la présence de mon couteau,
de mes grosses chaussures absurdes,
de ma face grave et bancale
et je suis parti sur les chemins inondés de soleil
avec l’espoir d’être seul.

La poussière décolle et me suit,
la poussière est toujours là.
Je voudrais la semer.
C’est un ensemble de particules poisseuse.
Elles me poissent volontairement.

Je pars au plus loin
après la perte je me perds encore
le paysage me déborde,
la lumière crue,
les grains clairs
de cette aire humaine.

Je n’aboutis pas,
mes pieds me paralysent.
Je marche comme un bousier
et il n’y a personne
pour me voir ici
où le monde commence.

La route est un nouveau récit,
la route est une possibilité offerte
que je dois cultiver seul,
engager mon corps avec force
dans l’immensité.

Sentir comment respirer différemment,
laisser retomber
les pensées
les paroles
et leurs cartes apprises par cœur.

Arpenter le territoire
et non l’histoire du territoire
le visage fermé
les poings aussi.
L’évidence des dommages
dans cette beauté foudroyante.