Déplacez les jours
presque sous la fenêtre,
débouchez la petite vie pâteuse.

Voulez-vous faire partie du festin ?

Remplissez la ville de personnes
en incapacité d’être stupide ;
une ville nue et son halo
écrasé de fumée de bois.

Dormez sans vous soucier
des rires sauvages,
des joies sauvages,
réveillez-vous et chantez sans attache.

Placez une main sur votre langue
une main sur l’autre bouche.

Organisez une douleur meurtrière
sur le dos de n’importe quel cri,
le long de votre souffle,
surement une aiguille.

C’est comme continuer
de faire fonctionner le langage
et cesser de faire siffler vos oreilles.

Plaisir curieux.

Vos voix nus tordus
enseignez-leur quelque chose de différent
comme un répertoire d’hymnes
qui ne possède pas de son
pour chaque rime.

Vous n’avez pas de mots
pour respirer au levé du soleil,
c’est le recul des corps
après avoir aimé
de cette manière vide.

Nourrissez au moins
un silence intangible
d’incroyable couture
drapé, en attendant
le petit déjeuner.

Mais qui possède
aucune certitude
vraiment ?

Imaginez les gens
n’importe quels mots
n’importe quels rêves.

Qui parle encore la langue
de vos sommeils bienveillants ?

Illustration : Sifar

Illustration : Sifar