Elle m’a dit je vais te remettre à l’endroit tu as les idées à l’envers. Elle m’a dit, homme-lune, tu as la tête creuse. Ta tête sélène, creuse. Elle a dit qu’on pouvait le dire aussi comme ça et qu’il fallait que ma tête refasse le chemin à l’endroit. Pour trouver le bon sens.

J’ai regardé ma tête. Elle était sans dessus dessous mais elle ne me semblait pas aller de travers. Elle était creuse mais je l’avais toujours connu comme ça. Je pense qu’on peut le formuler ainsi.

En me rapprochant de ma tête je l’ai trouvé bien froide. En me rapprochant de son creux j’ai brisé son isolement. En entrant par ses failles j’ai scellé sa reconstruction.

Elle m’a dit range-toi, mais range-toi donc à ces positions ! Il faudrait que ta tête tienne, je la vois qui balance. Range donc ces propositions. Il faudrait que ce geste soit le tien pour éviter tout sacrifice.

J’ai pris ma tête doucement et l’ai posé là, sur l’étagère. Elle me fait face maintenant. Nous attendons elle et moi de comprendre en creux. Je ne sais plus dans quel sens je dois la remplir.