KENY2 | DEF XING

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Catégorie : POÉSIE

Terrain de jeu

À suivre les traces mémorielles de poussière d’acier
les espaces deviennent des cloisons,
des chemins d’escaliers souterrains
où les appareils rouillés s’écaillent.

Le terrain de jeu en sous-sol humide
d’une résidence faussement bourgeoise,
en sous-sol de ciment odeur de vide ordures,
en coffrage de béton entre deux descentes de parking,
en locaux aux sols et murs peinture marron défaite.

La panique intacte derrière la porte de sortie qui refuse de s’ouvrir.

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Les beaux moments,
quand rompus de tout,
à un tel point échinés.

Un cassement que nous croyons passager,
nous prolongeons l’autre au plus proche,
la peau effleurant.

Tout se joue de nous,
d’avance,
en secret.

Tout est là,
nous ne décidons pas,
chacun délaissant je-ne-sais-quoi
jusqu’à devenir plus évident,
plus fragile,
bon pour.

Et la marée
monte entre nous
où nos pieds ne touchent plus.

Délesté, sans pesanteurs,
je suis ton asymptote.

———-

D’un mouvement, d’un point ou d’une ligne.
Une force qui maintient le corps, le déploie, implacable,
le résultat est une épreuve, singulière comme une émotion.
D’un point qui est resté secret, rime,
au bord du trottoir envahit de soleil.
D’une ligne qui serait un train s’il était possible
de remonter en marche sans choisir sa place.
Mouvement tournis va-et-vient yeux bandés,
danse immobile, les heures sans fin.

Ici

[one_third]
Je m’y suis habitué, à ces lieux,
dont seule l’importance des noms comptent,
d’où je me tire en escaladant une grille
ou en passant à travers les regards figés.[/one_third]

[one_third]Je ne peux pas vous aider,
vous ne devriez pas visiter
les parkings, les friches isolées,
les berges sauvages,
mon intrusion dans vos rêveries.[/one_third]

[one_third_last]Une variation de lumière,
dans l’angle mort, une panique brève.[/one_third_last]
[one_third] / [/one_third]

[one_third]Nous sommes ici et maintenant.
C’est ce que je croyais aussi.[/one_third]

[one_third_last]
Maintenant j’ai appris à rester ici,
dans l’entre deux,
sur la tranche de la réalité,
sous les taches d’ombres, toutes proches.[/one_third_last]

———-

La montée, la saison chaude,

le feu à même la bouche.

D’une autre vallée,

tressaillent sans un bruit

les paupières lourdes.

Sans forces s’étiolent

le corps et la chaleur.

Et ce n’est que l’été,

sans sommeil, terrible.

La vie ma maladie,

les blessures vivent.

Souviens-toi pourquoi,

des mots et des nuits,

tu refais le chemin.

Avance, n’y pense pas.

Onde

Pour atteindre l’onde la plus proche
Quelques sons que l’on ne croit pas
Qui se répondent d’assez loin

Et la note que j’entends
À l’instant à l’intérieur

Je la suspends à tout autre chose
D’un bond qui capte son angle aigu
Contre le front
Sur les rayons de la nuit

J’ai même tenté
Les lueurs dans le sillon
Le rythme qui se campe au croisement
La basse qui s’allume sans tremblement

———-

L’emprise en cent expirations
Habileté de l’innocence
Pour que les bêtes se taisent

Rythmer l’esprit
Qui tente de respirer
D’un vide flottant sans mots

Mesuré
Répété
Cadenassé

Cerveau dans le

Les pas…

toujours les pas
l’incertitude à mes tempes

Tu connais, non ?
– C’est très pointu… il paraît.

léger désappointement sur la gauche
un changement d’axe qui tourne court

– Je ne connais pas vraiment…
– Il y avait plus de monde l’autre soir.

effondrement de mes côtes
durcissement de mes nerfs
essoufflement de mes membres

les pas toujours

– Lille, mars 2017

Manifeste

Manifeste ta gueule ou autre chose
Rouge et rien sur la tête boule de nerfs
Noire tranche de l’ombre
Les tripes envahies de volutes concrètes

Dates importantes combien de fois
Libère les rues des cris pleins exulte
Ensemble et la circonvolution propice
La détermination habile en tête en bloc des pas

Presse ton poing l’arme d’une voix
Sur les pavés
Franchit une route dérisoire
Alentour de fracas de feu de bras

———-

Tout se brise
L’autre rive que je n’accoste
Les chemins efflanqués d’être introuvables
Impression renversée de mon œil

Un détour d’autre part ne se répète pas
Un écart où le tourment se met en page
Attaché à la clôture de l’intrigue
Mon illusion est durée

Dans une crevasse secondaire
Souches cerclées, résumé de vie
Je n’enfouis pas la langue
D’une trêve de distance rêvée