De quoi se souviennent mes pieds ? De la traversée des galets jusqu’à la Manche froide, piquante de sel, du mazout qui s’incruste dans le tégument, des coupures rouilles de munitions allemandes ensablées, du béton armé des blockhaus comme refuge au sable brûlant, de la plus grande brûlure d’un mégot encore incandescent laissé sur le sable, de l’entaille béante dans la voûte causée par un tesson dans les dunes.
De quoi se souvient mon corps ? Que reste-t-il après la douleur ?
Des heures infinis de liberté vilaines et fantasques.