Deuxième contribution sous forme de micro-fiction au projet 1000 jours en mars.


À compter du 316 mars, BIG NADA s’est activé. Un métavirus informatique, multiforme, qui compromet l’intégrité des données en les modifiant, en falsifiant les bases de données jusqu’aux back-ups les mieux protégés ou encore en créant à la volée de la fausse information lors de requêtes sur les moteurs de recherche. L’œuvre d’une entité de hackers nihilistes appelée DARK SUCKERBORG qui a décidé de foutre un boxon monstre.

On ne connaît pas leur but au-delà d’un effondrement economico-technologique, on ne sait même pas s’ils souhaitent une « renaissance d’internet » quand ils auront fini de le dézinguer. On a retrouvé à peine un bout de ce qui pourrait faire office de manifeste, lui-même sujet à caution. Sur ces quelques bits de texte on ne trouve qu’une prose insipide parlant de punition, d’humanité trop conne pour mériter le salut, du gâchis monumental de ces millions de serveurs, de sites, de réseaux qui auraient pu servir à tirer l’humanité vers le haut alors qu’ils n’ont fait que révéler, algorithme après algorithme, la profonde débilité de notre espèce.

Et ça va très vite. Plutôt que de voler les données, de les détruire ou de les rendre inaccessibles, elles sont devenues non-fiables. Plus rien à en tirer. Plus de valeur marchande. Impossible de prendre des décisions basées sur de telles informations. Les gouvernements, les entreprises, les IA et les individus sont très rapidement devenus incapables d’arbitrer. D’une confiance aveugle dans le grand oracle qu’était internet nous en sommes arrivé à une paralysie totale, submergés par de l’information dont une seule chose est sûre : elle est erronée.

 

316 mars, soit le 10 janvier 2017

316 mars, soit le 10 janvier 2017